Le journal de l’Arbo

Guillotiné!

Je le pensais à l’abri, hors d’atteinte des vents d’ouest protégé qu’il était par une croupe de terre. Il était en pleine forme, majestueux et hautain. Aune maladie ne le tourmentait.  Aucun parasite ne le menaçait. II avait dix-sept ans. C’était un gamin, ou plutôt un bébé malgré ses huit ou dix mètres de hauteur. Dans sa famille, on dépasse les 1 000 ans sans problème.  Je l’avais acheté à l’occasion d’une fête des plantes, à l’école du Breuil, à Paris.

Il a suffi d’une tempête dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août dans cette partie des Landes pour guillotiner à mi-hauteur le séquoia à feuille d’if (sequoia sempervirens), le seul dans cette zone de l’arboretum.

La tempête a été d’une violence inouïe : un amas d’eau rarement vu (plus de 80 mm tombés du ciel en deux heures), des vents tourbillonnants et d’une violence exceptionnelle (supérieurs à 100 kilomètres à l’heure).  Le séquoia n’a pas résisté. Il n’est pas le seuil. Dans la région, des chênes centenaires, des pins droits comme des lances, des platanes que l’on avait toujours connus sur les places de village ont été abattus.  

Et mon séquoia ? La partie inférieure de l’arbre est toujours là, verte, vaillante avec ses branches horizontales. Que faire ? Qu’en faire ? Le tronçonner à la base ? C’est la solution de facilité. Celle à laquelle on pense spontanément. D’autres alternatives ? Dresser vers le ciel une branche horizontale en espérant qu’une flèche se reconstitue même de guingois ? Pourquoi pas ? Ou nettoyer proprement la cime abimée à la tronçonneuse, badigeonner avec un produit cicatrisant et faire confiance à la nature  pour qu’elle reconstitue une flèche sans intervention humaine ? Sans doute la solution à privilégier.  

 

Le séquoia après le passage de la tempête, fin août, dans le sud des Landes