Le journal de l’Arbo

Canicule et sécheresse, saison 2

La canicule et la sécheresse n’en finissent pas de faire sentir leurs effets sur les pensionnaires de l’arbo. Lorsque le thermomètre enjambe les 30° ou les 40° ; lorsque le ciel reste d’un bleu virginal, que les rares orages qui éclatent ne font qu’humecter les pluviomètres… l’arboretum souffre.

Tous les arbres ne sont pas logés à la même enseigne.  Les plus anciens (des gamins d’une vingtaine d’années) ne sont pas les plus affectés. Mais les plus jeunes dégustent. Certains résistent vaillamment. D’autres ont renoncé à se battre.

Quelles sont les essences les plus sensibles ? Faute d’un inventaire rigoureux, il n’y a pas de réponse définitive. Les chênes paraissent mieux armés que  les érables et les séquoias que les pistachiers. Mais il faut se garder de généraliser. Les érables à sucre (acer saccharum) ont d’ores et déjà perdu leurs feuilles alors que l’acer griseum  planté l’hiver dernier résiste bien. Pour les araucarias, c’est  une autre histoire : certaines se portent on ne peut mieux ; d’autres, du même âge, voient leurs branches roussir. Les trois sassafras plantés il y a six mois (des sujets issus d’un laurier des iroquois qui pousse en cépée) sont tous morts. Idem pour un savonnier (koelreuteria paniculata ) fauché par la canicule et la sécheresse.

Y-a-t-il d’heureuses surprises ? Oui. Les cyprès chauves (taxodium distichum) tout amateur de sol humide qu’il est se porte bien alors qu’il a été planté au sommet d’une butte. Les liquidambars également  sont resplendissants.

Que faudrait-il faire ? Arroser abondamment les arbres ! Un ruisseau (le Bassecq) coule en bordure de l’arbo même en cette période exceptionnelle. Le filet d’eau est maigre mais il existe.  Mais arroser des centaines d’arbres est une tâche herculéenne. Manque le matériel, l’énergie. Et probablement le feu vert de l’administration.  

Pas d’autre choix que de s’en remettre au ciel. La nuit dernière, il est tombé 2 millimètres d’eau. C’est dérisoire mais peut-être annonciateur de pluies plus abondantes. On peut toujours rêver.

L’arboretum souffre. La chaleur qui accable le pays depuis des semaines met à mal la végétation. Je ne parle pas des ronces qui ne se sont jamais aussi bien portées et tentent de s’imposer, ni de l’herbe déjà grillée comme si l’été était achevée. Mais des arbres.

Les arbres les anciens, plantés il y a plus d’une décennie, s’en sortent. Ainsi les chênes, les érables à sucre, les tilleuls et les résineux. Mais les jeunes sont en grande difficulté. Deux savonniers (Koelreuteria paniculata) et deux érables à peau de serpent (Acer capillipes) mis en terre cet hiver sont morts de soif. D’autres font peine à voir comme le Cornouiller (Cornus capitata), planté il y a une dizaine d’années, ou l’Arbre de fer (Parrotia persica) dont le houppier a pris, bien plus tôt que les années précédentes, sa coloration automnale. Est-ce que l’érable cannelle (Acer griseum), lui également planté il y à peine quelques mois, va s’en sortir ? Rien de moins sûr.

Bien sûr, il faudrait arroser les arbres les plus fragiles, aller de l’un à l’autre avec une cuve d’eau tractée. Ils seraient provisoirement tirés d’affaire. Mais l’arboretum ne dispose pas du matériel adéquat. Comme nous l’avons déjà dit: ne reste plus qu’à s’en remettre au ciel. Au sens propre. Et à attendre une bienveillante pluie.

 

Noyer noir. L’automne au mois d’août…