Des centaines d’arbres qui garnissent l’arboretum l’un des plus remarquables est le laurier des Iroquois, le sassafras albidum. Au Bassecq, il n’est représenté que par un exemplaire unique – acheté à l’arboretum des Barres (Loiret) et planté en 2015 – mais il est magnifique.



Ce qui fait l’intérêt du sassafras ce sont deux choses : une coloration automnale somptueuse, mélange de rouge et d’orange, et la forme des feuilles. Mieux vaudrait parler de formes (avec un s) car elles varient fortement sur le même arbre, sur la même branche : certaines sont simples, d’autres lobées (jusqu’à trois), d’autres encore lobées mais d’un seul côté. Quel autre arbre offre une telle variété ?
Le sassafras ne dépasse pas une dizaine de mètres chez nous mais il drageonne beaucoup. Autrement dit, de nouveaux pieds surgissent des racines de la plante-mère dès lors qu’elle est âgée de sept ou huit ans. C’est une chance car il suffit de prélever un drageon pour multiplier le sassafras. Après, intervient la chance. Cet été (marqué par la canicule et la sécheresse) j’avais planté trois drageons de sassafras. Les trois sont morts par manque d’eau. Je ferai une nouvelle tentative cet hiver.
L’arbre est originaire d’Amérique du Nord. L’écorce et les racines ont longtemps été utilisées pour la fabrication de thé rose et de différents médicaments. Sous la plume d’un auteur anglais (Hugh Johnson, Arbres. Une encyclopédie. Ed. Delachaux et Niestlé, 2011) ’ai lu qu’aujourd’hui il entre dans la composition de l’ecstasy et qu’il contient une substance, le safrole, qui favorise le cancer. Le sassafras n’en reste pas moins un arbre splendide, encore trop rare dans les collections botaniques.