Revoici le temps des plantations. Les journées sont courtes. Le brouillard n’est pas loin. On baigne dans l’humidité. L’herbe est mouillée et la terre, gorgée d’eau, colle aux outils. Mais c’est la saison où l’on plante les jeunes plants.
Cet hiver j’ai prévu de planter une quinzaine d’arbres supplémentaires. Parmi eux, un Acer griseum, un Acer cissifolium, deux Quercus (pagoda et michauxii), un Catalpa, un Koelreuteria paniculata,un Populus laurifolia, deux ou trois Juglans… Certains attendaient dans la « pouponnière » depuis deux ou trois ans ; d’autres, plus grands, descendus de Paris avec moi, vont être installés directement dans les deux zones de l’arbo.
Planter un arbre prend du temps. Voici comment je procède. Première étape : nettoyer le terrain, c’est-à-dire enlever l’herbe sur un cercle grossier d’environ deux mètres de diamètre à l’aide d’une débroussailleuse. Il s’agit d’éviter qu’au printemps le jeune plant ne soit étouffé par la végétation. Ensuite, creusement du trou. Pas très profond (40 cm) ni très large (40 cm). C’est nettement moins que ce qui est préconisé dans tous les manuels… Mais si la terre est facile à travailler, ne colle pas trop à la pelle, je fais du zèle en élargissant le trou et en l’agrandissant. Puis je dépose le plant avant de l’enrober d’une terre qui, en principe, doit être émiettée (l’hiver, la terre est impossible à émietter). Un arrosage suit (5 ou 6 litres). Même si le sol est gorgé d’eau l’arrosage est indispensable. Il permet à la terre de venir se coller aux jeunes racines et à chasser l’air. A vrai dire, je n’arrose pas systématiquement. Je ne le fais que si l’eau du ruisseau est à portée de l’arrosoir. Si non, c’est marche ou crève. Ensuite, je garnis complètement le trou en émiettant la terre autant que faire se peut.
La plantation est terminée mais il faut maintenant protéger le jeune plant des chevreuils, nombreux dans la région. D’où l’installation de trois tuteurs (des bambous de 1,5m de hauteur) qui viendront soutenir un grillage (type grillage à moutons). Dernière étape, installer une étiquette d’un plastic épais où j’indique avec un feutre indélébile le nom botanique de l’arbre, son nom commun, la famille botanique, le numéro de référence (qui renvoie au plan de l’arbo), la date de la plantation (mois et année), et parfois la zone géographique d’origine.
Il ne me reste plus qu’à passer au suivant.
