Le journal de l’Arbo

Malheureux cerisier du Japon

Chaque printemps, vers la mi-mars, des centaines de promeneurs, dont beaucoup de touristes étrangers, venaient se planter devant le cerisier japonais (un prunus Sato-Zakura « Shirotae ») le temps d’une photographie ou d’une brève méditation sur la beauté de la nature. Installé depuis des décennie dans l’allée centrale du Jardin des plantes, à Paris, l’arbre, guère plus de quatre mètres de hauteur mais de multiples branches horizontales et arquées, semblait couché sur son magnifique manteau de fleurs blanches. La floraison était courte, guère plus d’une dizaine de jours, mais quel spectacle!

Ensuite, derrière lui, d’autres prunus prenaient le relais à quelques mètres, à la floraison tout aussi magnifique mais avec un port moins gracieux.

Ce moment de grâce appartient au passé. Cette année, seules ont fleuri quelques branches latérales. Mortes, les branches centrales ne portent aucune fleur. La vue d’ensemble s’en ressent. Le cerisier n’est plus que l’ombre de lui-même. Amputé d’une grande partie de son port, il a perdu sa beauté apaisante, son harmonie. Il n’est plus qu’un agonisant pathétique. Il est atteint de sénescence, disent les jardiniers du Jardin des plantes. Promis donc à une mort prochaine.

Le cerisier du Japon au printemps 2023
le cerisier du Japon, en 2023