Une amie me pose la question: « Les chevreuils causent beaucoup de dégâts aux arbres ? » La réponse est : Oui, hélas. Beaucoup de dégâts ! Ce sont les seuls animaux nuisibles de l’arboretum. Les blaireaux, nombreux dans les Landes, sont discrets. On les repère par la trace de leur passage et rien d’autre. Les sangliers hantent la région mais épargnent l’arboretum. Non, les seuls à poser problème sont les chevreuils. Ce sont de magnifiques animaux mais pour quiconque collectionne les arbres il est l’ennemi public numéro 1.
Ils agissent de deux façons: au printemps, ils adorent croquer le bourgeon terminal des jeunes arbres, celui situé le plus haut. Et à la même époque, ils viennent frotter leur frontal recouvert de duvet contre les jeunes troncs encore flexibles dont ils enlèvent l’écorce. Or, si un arbre perd son écorce sur tout le pourtour (même sur une faible largeur), il est condamné à mort à brève échéance.
Contre les chevreuils, j’ai tout essayé, tout testé. Les manchons de plastic enfilés le long du tronc d’abord. Efficaces pour les arbres qui se développent très vite en hauteur comme les peupliers mais inadaptés s’agissant des arbres dotés de branches basses importantes (les érables par exemple). Autre bémol: un vent fort les fait sauter tout autant qu’un chevreuil décidé à en venir à bout.
Après les manchons de plastique (un euro pièce environ) j’ai testé les bambous. Le chaume taillé à deux mètres de hauteur est planté dans le sol avec ses branches conservés sur une longueur d’une vingtaine de centimètres. Prévoir trois ou quatre bambous au minimum pour un arbre. Les picots des branches sont censés repousser les chevreuils. Mais, outre d’être inesthétique, le système présente un sérieux inconvénient: un vent violent sur un sol détrempé et le bambou est fragilisé. Il ne protège plus grand chose.
Je passe sur les autres recettes: suspendre une touffe de cheveux à l’arbre; uriner à son pied… Efficacité proche de zéro. Et vous passez pour un doux dingue auprès des coiffeuses…
Non, la seule façon efficace de protéger un arbre contre le chevreuil est de l’entourer d’une clôture – type rouleau de clôture à mouton – maintenue par trois supports de bois (de gros bambous font l’affaire) et suffisamment large pour que le chevreuil ne puisse l’atteindre. C’est lent, ennuyeux à faire mais ça marche. Il suffira de temps en temps de vérifier que les tiges sont bien enfoncées à terre. Et le tour est joué !