Le journal de l’Arbo

Le porte-greffe des agrumes

Il a fallu attendre très exactement 15 ans. 15 ans avant que l’un des deux poncirus trifoliata installé à l’arboretum donne son premier fruit, sous la forme d’une petit fruit jaune (lorsqu’il est mur, en octobre) de la taille d’une balle de golf, le « poncire », parfois appelé « pomme de cire » parfois « pomme d’Assyrie ». Le fruit, duveteux, est à mi-chemin entre le citron et l’orange. Son odeur est très agréable mais le goût est désagréable. En Chine, d’où il est originaire, on l’utilise, parait-il, comme condiment culinaire.

L’arbre lui-même n’est pas de grande taille. Ceux de l’arbo ne dépassent pas un mètre à l’âge de quinze ans. A Paris, au Jardin des plantes, une demi-douzaine longent la rue Buffon. Très anciens, leur taille ne dépasse pourtant pas 5 ou 6 mètres de haut. C’est dire combien lente est la croissance du poncirus.

Les branches du jeune poncirus sont couvertes d’épines ligneuses spectaculaires qui font de ce petit arbre planté en haie une barrière difficilement franchissable . Les deux installés à l’arboretum ont été plantés dans la partie centrale en 2009. Ils avaient été achetés à l’arboretum des Barres, dans le Gatinais. Leur intérêt ce sont bien sûr les fruits. Imaginez un poncirus adulte couvert à l’automne de de milliers de petits citrons au jaune éclatant: le coup d’oeil est splendide (mais pour l’arbo du Bassecq il faudra patienter quelques années…) L’autre intérêt du poncirus c’est qu’il est le porte-greffe idéal pour les agrumes car très résistant au froid (à -18° il tient encore le coup). Mais le réchauffement climatique relativise l’attrait d’un arbre insensible au grand froid. Il reste la beauté de l’arbre.