Le journal de l’Arbo

Comme un goût de fraise

Il y a quelques semaines, ses nombreux fruits pendouillaient encore le long des branches de l’arbre dans l’arboretum. Par leur couleur rouge corail ils évoquent immédiatement la fraise. Mais par leur forme extraordinaire et un peu inquiétante – une sphère de deux centimètres environ sur laquelle sont dessinées des dizaines de minuscules figures géométriques  avec au centre de chacune d’entre elles un rond surmonté d’une pointe – les fruits du Cornus capitata, Cornouiller porte-fraises en français, font songer à un virus responsable d’une maladie forcément mortelle. Pas très rassurant…

Le Cornus capitata est originaire de Chine. On dit que les Chinois raffolent de ses fruits consommés tels quels, en confiture ou en gelée. Pour en manger quelques-uns chaque automne je dirai que le goût est fade, sans grande saveur. On est loin de l’onctuosité de la fraise.

L’intérêt du cornouiller porte-fraises ne se cantonne pas à ses fruits. Au printemps, les fleurs éclosent. Petites, de couleur jaune-verdâtre, elles ne présentent pas d’intérêt particulier. En revanche, elles sont entourées de quatre bractées (des feuilles modifiées), mélange de jaune et de blanc, qui donnent l’impression d’une grande fleur. L’ensemble est magnifique au printemps.

Le cornouiller porte-fraises (parfois appelé Cornouiller de l’Himalaya) n’est pas un grand arbre. Sa hauteur dépasse rarement 6 ou 7 mètres de haut. Il pousse lentement et on le dit gélif.

Celui planté non loin de l’entrée de l’arboretum, âgé d’une quinzaine d’années, se porte à merveille. Il fait partie des arbres remarquables du site. Je songe à en installer un second.